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Stichtingsdatum: 1 februari 2007


"VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT!"

"Niet-gesubsidieerde auteurs" met soms "grote(ere) kwaliteiten" komen in het literair landschap te weinig aan bod of worden er niet aangezien als volwaardige spelers. Daar zij geen of weinig aandacht krijgen van critici, recensenten en andere scribenten, komen zij ook niet in the picture bij de bibliothecarissen. De Overheid sluit deze auteurs systematisch uit van subsidiëring, aanmoediging en werkbeurzen, omdat zij (nog) niet uitgaven (uitgeven) bij een "grote" uitgeverij, als zodanig erkend.

21 mei 2012


MARCEL PROUST ET GEORGES PEREC: LES DEUX GRANDES RECHERCHES DU TEMPS PERDU DU VINGTIEME SIECLE


Il y a 44 ans, initié par le cours passionnant que donnait alors Roger Dragonetti à l’université de Gand, j’ai été piqué par la mouche Proustienne à un tel point que j’ai consacré quasiment tous mes loisirs cette année-là à lire sa Recherche du temps perdu. Dans la lignée des activités nostalgiques que j’entreprends en ce moment où l’âge (et toujours pas la raison) me frappent, je devrai me mettre à relire aussi ce chef-d’œuvre, qui a marqué ma jeunesse. J’ai préféré ces dernières semaines me replonger dans « La vie mode d’emploi » de Georges Perec, cette autre recherche d’un temps perdu, écrit cependant dans une perspective qui est aux antipodes de la quête proustienne. Ce que voulait Marcel Proust c’était renouer avec l’intimité d’un moi chouchouté, dont les côtés de Swann et de Guermantes, n’étaient au fond que l’extension des bras d’une maman mythique qui l’a englouti dès le début et dont ni les jeunes filles en fleur ni même Sodome et Gomorrhe n’ont permis de le libérer, le laissant aboutir avec le temps retrouvé aux retrouvailles sur le papier avec le premier de ses souvenirs qu’il n’avait jamais quitté vraiment, malgré les échasses sur lesquelles les années passées depuis l’avaient fait s’éloigner sans jamais l’en séparer.

Perec lui, n’a pas eu de passé pour se souvenir. Au début de sa vie, avec son père décédé dans une guerre meurtrière et une mère déportée à Auschwitz, il n’y avait qu’un grand vide et rien de personnel qu’une mémoire involontaire aurait pu lui révéler. Avec pour seul repère les lettres, les deux « e » de son nom que ce spécialistes des mots croisés a fait réapparaître en les bannissant systématiquement dans son roman oulipien « La disparition », ou encore le X jamais interchangeable avec le W qui sont à l’apogée de l’échec glorieux de l’œuvre faite de tableaux et de puzzles de Barthlebooth. cet habitant emblématique de l’immeuble parisien décrit presque exhaustivement, tant synchroniquement que diachroniquement dans « La vie mode d’emploi ». Aucun « je » dans cette cathédrale littéraire de la patience. Tout et tous, cet amalgame de vies, d’objets, d’événements, de destins, fruit de décisions individuelles et du sort qui en décide à son tour, par delà les secousses de l’histoire, sont les traces, à nouveau sur le papier, laissées par le temps des autres, aspirées par ce vide insatiable qu’était l’âme de son auteur. Son temps retrouvé à lui, constitué à défaut des siens, des souvenirs, rêves et mensonges d’un peuple élu par le hasard d’une contrainte, cet immeuble parisien de la rue Simon-Crubelier, home adoptif de l’enfant sans feu ni lieu que n’a cessé d’être Georges Perec.

FRANCIS CROMPHOUT

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