TERRORISME ET ECONOMIE
J'ai devant mes yeux le poignante photo de couverture de ''Hatun Willakuy'', de Vera Lenz, qui montre sur le bois d'un cercueil une main appartenant à une homme prostré au visage couvert par un chapeau andin, et sur la main de cette personne désolée, perdue dans une tristesse sans consolation possible, repose la main ferme d'une femme située hors-champ qui nous renvoie à toute la force de la vie qui continue malgré tout, malgré l'horreur des faits suggérés sur la photo.
Je suis sur le point de terminer ce livre (publié en 2004) qui est le rapport de la Commission de la Vérité et de la Réconciliation instituée au début des années 2000 afin de donner une description correcte et une tentative d'explication des événements horribles qui se sont passés au Pérou en 1980 et 2000 – et même jusqu'à ce jour où forces de l'ordre et narco-terroristes continuent encore à s'affronter dans le Haut Hallaga.
Le rappel de cette guerre des guerrillas déclenchée par le Sentier Lumineux contre un régime instable où régnait l'ignorance et la corruption, et dont les principales victimes étaient ces pauvres gens mêmes que les révolutionnaires auto-proclamés sous la férule d'Abimael Guzmán prétendaient sauver de la misère, a lieu pour moi en ce moment de crise économique mondiale, dont les causes reposent sur une autre catégorie de terroristes, aussi aveuglés que les maoistes du camarade Gonzalo, mais non pas par des prétentions utopiques, mais par la passion du lucre, posé en principe universel.
Les constatations des rédacteurs de ce rapport, entre autres aussi sur les dégâts économiques de cette vingtaine d'années de terreur au Pérou, me font réfléchir à ce qui me semble la quintessence de l'économie, tellement évidente, triviale même, que les savants gourous des finances et du marketing omettent systématiquement de mentionner. Ce n'est pas l'argent qui nous paraît à tous si indispensable, et qui au moment où éclatent les bulles se révèle virtuel, ni même les moyens de production si chéris par les marxistes, mais tout simplement la personne humaine.
Lorsque les militants du Sentier Lumineux envahissaient les villages andins de la région d'Ayacucho et plus tard surtout aussi de ceja de selva dans l'Apurimac et le Haut Huallaga, leur première action était toujours d'assassiner les soi-disant ennemis de classe qui étaient les autorités élues, les fermiers prospères, puis les personnes critiques et ensuite ils chargèrent des béni-oui-oui apeurés d'organiser pour eux la nouvelle situation. Et quand par après venaient les forces de l'ordre, ceux-ci pour justifier leurs activités improductives, assassinèrent à leur tour ces braves porte-drapeaux involontaires et nommèrent de nouvelles autorités qui, lors d'une nouvelle incursion des terroristes étaient également éliminés et ainsi de suite. Ce qui se solda par un massacre sans nom - à part celui de génocide, qui fit selon la CVR 69.250 victimes fatales dont 19.468 de la main des forces de l'ordre supposées protéger la population. Toutes ces personnes disparues étaient les force vives de ces populations rurales ou – dans le cas des Ashaninkas – semi-nomades. C'étaient eux qui travaillaient aux champs, avec le bétail, dans les mines, etc. pour la survie de leurs familles. C'étaient eux qui organisaient la survie dans ces communautés fortement dépendantes de la solidarité ancestrale qu'ils avaient la coutume de pratiquer dans les circonstances difficiles de leur habitat naturel (la haute montagne, la forêt vierge). Avec leurs vies c'était la subsistance de toutes ces populations qui disparaissait, plongeant dans la misère la plus totale des centaines de milliers de personnes.
Je crois que pour nos sociétés ''évoluées'' (mais à quel point en fait, lorsque toutes les constructions savantes s'écroulent?) les choses ne sont pas essentiellement différentes.
Francis Cromphout
Eindredactie: Thierry Deleu
Redactie: Eddy Bonte, Hugo Brutin, Georges de Courmayeur, Francis Cromphout, Jenny Dejager, Peter Deleu, Marleen De Smet, Joris Dewolf, Fernand Florizoone, Guy van Hoof, Joris Iven, Paul van Leeuwenkamp, Monika Macken, Ruud Poppelaars, Hannie Rouweler, Inge de Schuyter, Inge Vancauwenberghe, Jan Van Loy, Dirk Vekemans
Stichtingsdatum: 1 februari 2007
"VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT!"
"Niet-gesubsidieerde auteurs" met soms "grote(ere) kwaliteiten" komen in het literair landschap te weinig aan bod of worden er niet aangezien als volwaardige spelers. Daar zij geen of weinig aandacht krijgen van critici, recensenten en andere scribenten, komen zij ook niet in the picture bij de bibliothecarissen. De Overheid sluit deze auteurs systematisch uit van subsidiëring, aanmoediging en werkbeurzen, omdat zij (nog) niet uitgaven (uitgeven) bij een "grote" uitgeverij, als zodanig erkend.
Stichtingsdatum: 1 februari 2007
"VERBA VOLANT, SCRIPTA MANENT!"
"Niet-gesubsidieerde auteurs" met soms "grote(ere) kwaliteiten" komen in het literair landschap te weinig aan bod of worden er niet aangezien als volwaardige spelers. Daar zij geen of weinig aandacht krijgen van critici, recensenten en andere scribenten, komen zij ook niet in the picture bij de bibliothecarissen. De Overheid sluit deze auteurs systematisch uit van subsidiëring, aanmoediging en werkbeurzen, omdat zij (nog) niet uitgaven (uitgeven) bij een "grote" uitgeverij, als zodanig erkend.
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